TOME 6
PARIS



Désormais, le jeune homme de 25 ans est lancé. Bordeaux est devenu bien trop petite pour lui, il fonce à Paris pour y apprendre le délicieux métier d’assistant mise en scène qu’il exercera pendant une dizaine d’années. A ce poste, il connaitra les joies de la série télé estivale pour adolescents plagistes, le téléfilm unitaire d’époque fauché comme les blés, le film érotique de la 6 pour septuagénaire tourné en huit jours chrono pour 90 minutes utiles dans des décors gratos où même assis devant le retour vidéo vous chopez un herpès, et la publicité. Ah ! La publicité. A la fin des années 90, la plupart des réalisateurs qui ont connu la bonne coke des shiny eighties sont encore au boulot. Ils ont toujours de bons vieux réflexes : une ménagère ouvre la fenêtre de sa cuisine pour respirer le bon air ambiant et derrière on voit des rangées d’oliviers ? Ben y a qu’à aller tourner ça en Afrique du Sud. Oui, seulement dans les années 90, on n’a plus d’argent, mais par contre on a des studios à fonds bleu. La pub riche, c’est terminée. Ou presque.